Si l’Oie-n, si proche

 

Ah ! Qu’il est loin le temps où l’Oie pouvait poser ses plumes là où bon lui semblait.

Après un printemps à ne pouvoir s’envoler,

voilà que l’histoire se répétait.

Les anciens partis, elle se devait de se renouveler

C’est donc sous la tempête, dans la peur et l’angoisse,

que ses nouveaux oisons sont arrivés.

 

Oh ! Qu’elle craignait qu’ils ne prennent froids

Les temps étaient rudes, comprenez

Mais ce n’était point de vilains petits canards qui gisaient là sous ses plumes.

Les voilà vaillants et courageux, prompts à voler vers la lumière.

Ô combien fut-elle surprise !

Et c’est le cœur apaisé, que la nouvelle Basse-Cour fut ainsi formée.

 

Après un décollage en formation, c’est toujours plus loin à l’Est,

que l’Oie décida de se poser.

Elle découvrait ainsi, la partie la plus orientale de l’Europe.

De cette zone coincée entre les Empires, courant de la Baltique aux Balkans,

elle voulait en découvrir tous les secrets.

C’est donc les histoires de cette contrée, que l’Oie va vous conter.

 

Ensuite, visant la lune,

elle retomba dans les étoiles.

La voici dans l’espace, slalomant entre les fusées,

prête à son tour à chercher sa place parmi les soleils.

Entre Orion et Cassiopée, elle souhaitait couver en paix.

 

La chute fut cependant terrible.

La rentrée dans l’atmosphère lui brûla bien des plumes.

Hélas, elle en fut amochée.

Désormais canard boiteux luttant pour sa vie,

c’est les plumes pleines de goudron, qu’elle dut reprendre son périple.

Au cours de sa pénitence, 

elle rencontra des anonymes bien plus accidentés,

pour qui la vie rime bien trop souvent avec survie.

 

C’est finalement les plumes bien au chaud, que l’Oie s’est reposée.

En cet hiver si froid,

elle souhaite avoir deux mots pour ses semblables.

À sa Basse-Cour d’abord, si courageuse et demandeuse, 

ces vieilles oies qui refusent d’être réformées

et ces poussins qui pondent si prestement.

Sans votre enthousiasme, l’Oie jamais ne volerait.

 

Et toi, contributeur, contributrice,

Merci de venir renouveler mon plumage,

grâce à quoi l’Oie, ne reste pas qu’une utopie.


 

Cacardement vôtre, Victor Di Bartolo

Numéro 18

8,00 €Prix